soulignent, lundi, les participants à une conférence sur le thème : "Sahara marocain et projet d'autonomie : lecture prospective à la lumière des développements régionaux et internationaux".
Lors de cette conférence, organisée à Rabat par la commission des Affaires étrangères, des frontières, des zones occupées et de la défense nationale à la Chambre des Conseillers et le Centre des études et des recherches humaines et sociales d'Oujda,
les participants notent que la proposition d'une large autonomie de la région du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine apporte la solution la plus adéquate à ce conflit, rappelant que cette formule a été adoptée par de nombreux pays comme étant la meilleure voie d'éradiquer les foyers de tension pour se tourner résolument vers le développement et la modernisation intérieurs.
Ainsi, M. Ahmed Lakhrif, Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a souligné que la proposition marocaine offre une solution réaliste et idéale à la question du Sahara, sachant qu'elle puise sa philosophie et ses valeurs de la légalité internationale et qu'elle s'inspire des modèles d'autonomie les plus évolués des Etats démocratiques et des expériences de régionalisation en vigueur dans les pays proches du Maroc aux plans géographique et culturel.
En proposant cette approche, le Maroc est convaincu qu'elle apportera à la question du Sahara une solution adéquate et conforme à la logique de règlement politique, à la légalité internationale et aux normes d'autonomie internationalement admises, a-t-il ajouté, soulignant que le Royaume assume ses engagements en la matière et dispose des capacités de mettre cette approche en £uvre dans le cadre d'un Maroc démocratique unifié.
Evoquant la campagne diplomatique marocaine pour assurer une large promotion à la proposition d'autonomie au plan international et à la dynamique qu'elle sous-tend, M. Lakhrif a ajouté que le Royaume, qui demeure fermement attaché aux solutions respectant les conventions internationales relatives à la solution pacifique des conflits, est, en toute bonne foi, ouvert au dialogue avec les autres parties et à la coopération avec le Conseil de sécurité de l'ONU sur la base de négociations autour de l'octroi d'une autonomie à la région du Sahara en vue de parvenir à une solution consensuelle qui permettrait de transcender les divergences.
A propos des quatre rounds de négociations de Manhasset (USA), le secrétaire d'Etat a relevé que ces pourparlers auraient dû être saisis par les autres parties pour mettre en place les premières bases de lancement de réelles négociations et de consécrations des intentions mais, malheureusement, ces parties demeurent prisonnières de thèses obsolètes.
Le Maroc appelle les autres parties à une profonde réflexion sur la position exprimée dernièrement par M. Peter Van Walsum, qui a souligné que l'indépendance du Sahara "n'est pas une option réaliste", a-t-il ajouté, faisant remarquer que cette conclusion est dictée par les charges qu'il a assumées pendant près de trois ans en sa qualité d'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU,
les trois visites qu'il a effectuées en cette qualité dans la région et sa parfaite connaissance des réalités objectives et des tenants et aboutissants du dossier au plan régional, ainsi que par le fait qu'il a présidé les quatre rounds de négociations de Manhasset.
Le président du Centre des études et de recherches humaines d'Oujda, M.Samir Boudinar, a mis l'accent sur l'importance de cette conférence qui se propose de bâtir une vision fondatrice et d'entretenir la prise de conscience collective face aux questions nationales, en premier lieu la question du Sahara.
La prise de conscience quant à ce dossier se retrouve dans tous les discours et débats des forces politiques et de la société civile relayés par l'espace médiatique, a-t-il rappelé, soulignant la nécessité de préserver et de renforcer l'unanimité nationale autour de cette question.
M. Larbi M'rabet, gouverneur au ministère de l'Intérieur chargé de la coordination avec la MINURSO, a affirmé que la proposition marocaine d'autonomie de la région du Sahara constitue la consécration d'une démocratie moderniste qui, tout en préservant l'intégrité territoriale, offre aux habitants de la région la possibilité de gérer leurs propres affaires.
Cette proposition, a-t-il souligné, permettra aux pays de la région de relever le défi de la mondialisation à travers la constitution d'un fort groupement économique régional qui les placerait en situation de faire face aux problèmes engendrés par les conflits, les morcellements et la balkanisation.
L'ambassadeur Khalil Haddaoui, du Club diplomatique, a relevé que les déclarations courageuses de l'envoyé personnel du secrétaire général auront "un important effet sur les développements de la question du Sahara aux Nations Unies", sachant que M. Peter Van Walsum est le seul envoyé onusien à avoir bien assimilé le problème et à l'avoir traité en professionnel de la diplomatie.
M. Haddaoui a, d'autre part, mis l'accent sur la nécessité de consolider le front intérieur, de mobiliser l'opinion publique nationale autour de la proposition marocaine et d'être diplomatiquement actif au niveau des Nations Unies tout en maintenant les initiatives positives en direction des pays africains